Cannes : ne mettons pas les violences sous le tapis ! | Présentation de notre ppl sur les violences dans la Culture.

Alors que le Festival de Cannes déroule une nouvelle fois son tapis rouge aux stars du cinéma, Erwan Balanant et Sandrine Rousseau déposent une proposition de loi pour lutter contre les violences dans les métiers de la culture mercredi 13 mai.

La Commission d’enquête de l’Assemblée nationale relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité a une nouvelle fois révélé le courage des victimes, mais aussi les défaillances persistantes de la “grande famille” du secteur culturel.

Près de 10 ans après l’affaire Weinstein, les voix se sont élevées pour dénoncer les violences et le harcèlement sexiste et sexuel dans le monde du cinéma et de la culture. Des dispositifs ont émergé dans la continuité de la commission d’enquête, des chartes ont été signées, des cellules d’écoute ont vu le jour. Ce sont autant de signaux encourageants qui témoignent d’une prise de conscience collective. Ces avancées restent fragiles tant qu’elles ne reposent pas sur un socle législatif solide. Pour autant, la question demeure entière : dispose-t-on des outils juridiques permettant de prévenir et sanctionner durablement les violences culturellement ancrées dans ce milieu ?

Malgré le retentissement médiatique de nombreux témoignages, une affaire a toujours chassé l’autre, sans que jamais ne soient interrogées les conditions structurelles ayant permis à ce fléau de prendre une telle ampleur. Les carrières des agresseur·ses se poursuivent, quand celles des personnes qui ont osé parler se brisent. Cette proposition de loi entend changer de paradigme en inscrivant dans le droit ce que les bonnes volontés seules n’ont pas suffi à garantir.

  • Il est ainsi urgent de renforcer concrètement la protection des mineur·es, notamment par l’instauration d’un contrôle d’honorabilité systématique pour toute personne amenée à travailler auprès de ce public.
  • Il nous faut aussi sécuriser par la loi les emplois et les droits des travailleur·ses, en interdisant toute sanction financière, retenue sur salaire ou demande de dommages et intérêts à l’encontre de celles et ceux qui signalent des faits de VHSS.
  • Ce texte prévoit également renforcer les sanctions pénales, notamment par la création d’une nouvelle infraction contraignant les employeurs à signaler les faits de VHSS portés à leur connaissance.

« Notre modèle culturel ne peut être le prétexte à une “exception de génie”. Le culte rendu à l’art a trop longtemps excusé des abus et a banalisé les pires souffrances et humiliations. La culture ne fait pas exception : les violences qui y sont constatées sont le reflet de celles qui ont cours dans la société. Ici comme ailleurs, le droit du travail doit s’appliquer et protéger. » déclare Erwan Balanant.

« C’est par des mesures concrètes et contraignantes que nous gagnerons cette bataille culturelle. » insiste Sandrine Rousseau.

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